Le parcours de Smiely a commencé dans l'industrie cinématographique, où elle est rapidement devenue une figure de proue de la durabilité dans le secteur cinématographique de la Colombie-Britannique. Pourtant, elle a souvent dû lutter contre le syndrome de l'imposteur et l'isolement. Elle se souvient :
« Je me sentais souvent très jeune dans ce rôle, car tous mes collègues étaient beaucoup plus âgé·es et beaucoup plus expérimenté·es que moi. Je me sentais très isolée, étant l'une des seules personnes de couleur. »
Parallèlement, elle s'inquiétait de l'aggravation des effets du changement climatique (vagues de chaleur, saisons de fumée et inondations dans la vallée du Fraser), ce qui accentuait son anxiété climatique.
« L'anxiété climatique a vraiment commencé à m'affecter lorsque nous avons commencé à subir des vagues de chaleur et ce que nous avons appelé la « saison de fumée ». Ce n'était pas normal et cela provoquait beaucoup d'anxiété. »
À la recherche d'une communauté et d'un moyen de guérir, elle a rejoint le CityHive’s Youth Environmental Lab et a découvert le concept des Climate Cafes, des espaces sécuritaires où les gens peuvent se réunir pour partager leurs angoisses climatiques et trouver de la résilience à travers la conversation. Lorsqu'elle s'est rendu compte qu'il n'y avait pas de section à Vancouver, elle a décidé d'en créer une elle-même.
Forte de son expérience dans des fonctions liées au développement durable en entreprise et au sein du gouvernement, Smiely a apporté une expertise approfondie, mais aussi un désir profond de créer quelque chose de plus personnel et humain. Elle a cherché de nouvelles façons d'aborder le coût émotionnel de la crise climatique. Grâce à CityHive, elle a rencontré des pairs partageant les mêmes idées et a découvert les Climate Cafes organisés à Los Angeles et à New York. L'idée l'a profondément touchée et elle s'est engagée à créer le premier Climate Cafe à Vancouver.
Smiely a demandé et obtenu la bourse d'Assemblée du Havre Jeunesse. À l'époque, Smiely était au chômage et doutait de sa capacité à avoir un impact.
« J'ai postulé et j'étais tellement heureuse d'obtenir [la bourse d'Assemblée]. C'était la première fois que je demandais une bourse pour un projet en dehors d'un cadre professionnel, et cela m'a donné beaucoup de force. » Pour elle, cette bourse représentait plus qu'un simple financement, c'était une validation. « Obtenir cette bourse m'a fait réaliser que je pouvais y arriver. Il y a une force à diriger quelque chose sans avoir besoin d'une organisation ou d'une entreprise entière pour vous soutenir. »
Ce soutien lui a donné la confiance nécessaire pour lancer le Climate Cafe Vancouver. Ce moment a confirmé sa conviction que les jeunes méritaient des espaces où leurs inquiétudes et leurs émotions liées au climat pouvaient être reconnues, surtout en contraste avec le fossé générationnel dont elle avait été témoin dans ses fonctions professionnelles.
Depuis sa création en 2024, Climate Cafe Vancouver a créé un espace sécuritaire et accueillant pour des participant·es divers, des personnes nouvelles arrivantes au Canada aux résident·es de longue date, et pour des personnes de toutes les générations. Les participant·es ont partagé des histoires très personnelles sur leurs inquiétudes climatiques, leur résilience et leurs actions. Comme se souvient Smiely,
« lors d'un Climate Cafe, tout le monde sauf moi n'était pas originaire de Colombie-Britannique. Les gens ont comparé leurs expériences ici avec la façon dont les questions climatiques étaient abordées dans leur pays d'origine. C'était très émouvant de voir des gens se sentir suffisamment à l'aise pour se montrer vulnérables devant des inconnu·es. »
Les cafés ont toujours favorisé la vulnérabilité et la guérison, offrant des conversations que beaucoup de participant·es n'avaient jamais connues ailleurs.
« Nous avons vu des gens verser des larmes dans la salle, même s’iels ne connaissaient personne d'autre. C'est le pouvoir d'appartenir à une communauté et d'être vulnérable. »
Pour certain·es, ces événements ont marqué un tournant, les incitant à militer plus activement, à s'engager auprès du gouvernement ou à intégrer les discussions sur le climat dans leur vie quotidienne.
Le travail de Smiely avec Climate Cafes Vancouver a également débouché sur de nouvelles opportunités.
« J'ai obtenu la bourse de la Fondation Lawson, et je développe maintenant le concept des Climate Cafes à travers le Canada. Nous mettons en place le Climate Wellness Network afin de former des personnes dans leurs propres communautés à gérer leurs propres cafés, car cela a beaucoup plus d'impact lorsque c'est mené localement. » Elle ajoute : « Tout est parti du simple fait de lancer Climate Cafe. Je n'avais aucune idée que c'est ce que je ferais lorsque j'ai postulé pour la bourse du Havre Jeunesse.
Elle continue de concilier les événements locaux en cours avec la croissance de ce réseau national, veillant à ce que les habitants de Vancouver puissent toujours profiter des espaces qu'elle a créés, tandis qu'un réseau plus large de bien-être climatique s'implante dans les communautés à travers le pays. Des subventions supplémentaires d'OceanWise et de TD ont soutenu cette vision, parallèlement à l'implication de nouvelles personnes bénévoles. Son objectif à long terme est clair : faire en sorte que les émotions climatiques et la santé mentale soient prioritaires non seulement dans les conversations communautaires, mais aussi dans les politiques gouvernementales, le financement et la planification de l'adaptation.
Mme Smiely a également participé au Sommet sur l'action climatique de la Colombie-Britannique, où elle a plaidé pour que le gouvernement traite les émotions climatiques et la santé mentale avec la même urgence que les mesures d'adaptation et de préparation.
En réfléchissant à son parcours, elle confie : « Ce travail m'a donné envie de plaider pour que le gouvernement accorde la priorité aux émotions climatiques et à l'anxiété climatique. Elles devraient être considérées comme aussi importantes que la santé mentale en général et aussi cruciales que la préparation à la chaleur. »
L'histoire de Smiely nous rappelle que l'action climatique ne concerne pas seulement la technologie ou la politique, mais aussi les personnes et les émotions que nous ressentons face à un avenir incertain. En créant des espaces où les individus peuvent partager leurs craintes, leurs espoirs et leur résilience, les Climate Cafés transforment l'anxiété climatique en force collective.
Chaque bourse est plus qu'un simple soutien financier. C'est un investissement dans la guérison, le sentiment de pouvoir et le leadership, qui permet à des acteur·ices du changement comme Smiely de créer des communautés solidaires et résilientes à travers le Canada.
Investissez dans la guérison, le sentiment de pouvoir et le leadership. Faites un don dès aujourd'hui pour soutenir la prochaine vague d'acteur·ices du changement comme Smiely.